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JE TE TIENS !

 

 

C’est l’histoire de l’homme qui ne sait plus rire. Ou qui ne l’a jamais su. Et le monde entier l’observe avec cette… bizarrerie ?.. cette obscénité ?
Voulant (re)trouver ce qu’il pense être la clé de son épanouissement, il va se confronter à une machinerie infernale, qui va tenter de lui indiquer, insuffler, injecter, intimer, le rire, le plaisir, la distraction, le divertissement… le bonheur quoi !
Dans un univers épuré, presque graphique, cette fable nous parle d’éveil, de curiosité et de la difficulté de préserver un esprit critique face à l’abondance de propositions uniformes.
Une histoire sans parole, du théâtre sans texte, une comédie de geste et de situation où votre rire, si nous parvenons modestement à le déclencher, ne sera ni vendu, ni exploité.

Du théâtre sans mots.

Nous explorons ici le théâtre sans texte ou plutôt le théâtre sans mots. Le texte serait ce que l’on raconte et les mots une façon de le faire. Nous avons choisi, après une première phase de travail, de supprimer tous les mots pour voir ce qu’il resterait. Et nous avons vu apparaître des corps, des personnages empêtrés dans leur existence, leurs envies et leurs contradictions. Mais attention, ce n’est pas du mime ou du théâtre gestuel. Nous n’avons pas écrit de mots avec nos corps, nous ne les avons pas remplacés par des gestes. C’est encore du théâtre, un théâtre d’intention et de situation ou les monologues intérieurs suffisent à créer un dialogue silencieux.

Mais le texte est là. Et même le sous-texte. Nous suivons les péripéties de notre personnage qui a perdu son rire. Chacun peut lire son histoire et y amener ses propres nuances avec ce qu’il est, ce qu’il ressent. Dénuer de mots et de leur sens, notre « texte » invite le spectateur a se laisser aller aux émotions et à une compréhension sensitive.

Une (non) écriture burlesque … presque.

Pour parler du rire, nous avons pris le parti … de rire. En créant tout d’abord un univers décalé qui pourrait s’apparenter à un décor de bande dessinée et où nos personnages semblent sortis d’un rêve ou d’un roman de Lewis Carroll.

Libérés du réalisme et de la vraisemblance, nous explorons chacune des situations avec jubilation. Nos personnages s’obstinent jusqu’à l’excès et créent des situations inextricables, parfois délirantes ou inversement surprennent par leurs réactions décalées et inappropriées.

Si l’univers et les situations sont décalés, le spectacle, par un effet miroir, nous parle bien de nous et du monde qui nous entoure.

Un spectacle sur le rire… et alors ?

Bien sûr nous avons lu Bergson mais il ne s’agit pas ici d’expliquer le rire. Ni philosophiquement, ni physiologiquement d’ailleurs. Nous parlons de la place qu’il occupe en chacun de nous et de celle qu’il occupe dans notre société.

Est-ce qu’il est possible de ne plus pouvoir rire ? Pas sûr. Mais c’est bel et bien ce qui arrive à notre héros et la question que l’on pourrait se poser est : C’est parce qu’il ne rit plus qui lui arrive ce qui lui arrive ou c’est parce qu’il lui arrive ce qu’il lui arrive qu’il ne rit plus ?

Dans son parcours il va se confronter au regard des autres et son dysfonctionnement va devenir aux yeux du monde un handicap voire une maladie qu’il faut soigner par tous les moyens.

C’est ici que le rire devient une marchandise, une industrie, un bien qui génère du profit.

Notre héros devient alors la proie d’une machine infernale, qui voyant en lui une source potentielle de profit, va lui expliquer ce qu’il faut faire, ce qu’il faut penser et qui, en s’attaquant aux conséquences de son mal-être sans jamais s’intéresser aux causes, va tenter de gommer sa personnalité et son individualité.

Avec :Nathalie Albouy

Bertrand Duvallet

Mise en scène : Sébastien Turpault

Costumes : Estelle Couturier Chatelain

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